Partager sur :

2016, une année d'intenses activités


Fin 2015, le monde entier s’est retrouvé à Paris pour débattre d’un défi mondial : le changement climatique.  Cette importante rencontre a été ouverte par les chefs d’Etats pour montrer leur engagement et leur volonté politique de trouver un accord équitable, un accord juste, un accord efficace aussi, un accord contraignant qui puisse être à la mesure des grands défis auxquels nous sommes confrontés avec le dérèglement climatique.

Ce fut un moment très fort pour la communauté internationale, pour rechercher ensemble à l’échelle des nations, le cadre qui permettrait de prendre en charge solidairement cette préoccupation, une préoccupation qui interpelle l’humanité entière et qui surtout questionne l’avenir de notre planète. Mais cela a été aussi, pour les territoires du monde, l’occasion de se retrouver pour mettre en exergue les préoccupations spécifiques de chacun de ces territoires au regard des conséquences, des enjeux et surtout des solutions qu’il est possible d’apporter aux conséquences de ce changement climatique. Et j’ai pu, au cours de l’Action Day, prendre part à un débat fort riche qui aura permis à toutes les régions du monde d’illustrer leurs engagements face au défi climatique, avec les solutions parfois très sophistiquées des pays développés ou des solutions plus terre à terre, plus basiques mises en œuvre dans les territoires les plus pauvres et souvent les plus vulnérables et donc doublement pénalisés : pénalisés parce qu’ils devront mettre en œuvre des solutions d’adaptation très couteuses ; pénalisés parce que n’étant pour rien ou presque dans l’émergence du problème climatique.

Chacun doit s’investir. Chacun doit engager  des mesures et agir dans l’équité, la justice, et surtout dans la coopération et dans la solidarité. Cela doit se faire de manière inclusive en mettant en synergie les acteurs de terrain, le secteur privé et la « société civile » , la recherche, la formation pour qu’il y ait des échanges sur le plan technologique, qu’il y ait de la solidarité dans le financement des actions.

Nous avons ainsi montré, devant un parterre de responsables des villes et régions du monde entier comment l’Afrique, territoire qui émet aujourd’hui le moins de gaz a effet de serre mais qui pourtant est en train de connaître les conséquences les plus préoccupantes, peut aussi à son échelle, faire face. Ainsi très concrètement, la région de Fatick, au Sénégal, a pu miser sur le levier traditionnel de l’élevage caprin. En misant sur la chèvre qui est un animal très robuste, très rustique, un animal qui est aussi très productif, nous avons pu, dans le cadre de la coopération territoriale avec la région de Poitou-Charentes,  dans une approche multi-niveaux,  conduire une démarche couronnée de succès. Ainsi est-ce au regard des résultats très positifs obtenus par les deux régions de Fatick et de Poitou-Charentes, que les Etats, celui du Sénégal mais aussi celui de la France, se sont engagés à soutenir le passage à une autre échelle de cette dynamique : mettre en place des centres d’impulsion et de modernisation de l‘élevage caprin pour que cette belle expérience puisse être partagée au niveau national mais aussi à l’échelle internationale comme à l’échelle de la communauté sous-régionale qu’est l’UEMOA et au travers de son Conseil des collectivités territoriales.

Cette COP21 qui vient de se dérouler en France, terre des droits de l’Homme, a porté un immense espoir et pas seulement pour l’Afrique. Il ne fallait certes pas en attendre des miracles, mais l’accord approuvé à l’unanimité ouvre des perspectives encourageantes. C’est un cheminement qu’il conviendra de prolonger concrètement avec la COP22 à Marrakech. Le Global local forum continuera à agir, continuera à faciliter en ce sens et avec ses partenaires,  l’action au niveau des territoires. 

Mais c’est aussi au niveau multilatéral – du local au global - au niveau de l’Organisation Internationale de la Francophonie comme au niveau des Nations Unies que doivent être discutées les stratégies à retenir pour mieux prendre en charge l’atteinte des objectifs pour le développement durable. 

Nous en avons débattu avec les plus hauts responsables du Conseil des Collectivités territoriales de l’espace UEMOA auxquels j’ai remis, en particulier au Président Soumare, la contribution de Global local forum pour faire avancer la réflexion sur la place et le rôle des territoires dans l’autosuffisance énergétique et surtout dans l’adoption des énergies renouvelables.

Aussi, l’année 2016 est-t-elle,  pour Global local forum, une année d’intense activité. Nous comptons consolider notre action dans l’accompagnement des processus de décentralisation-régionalisation, à travers cette importante initiative que nous sommes en train de mener au Mali avec le soutien de la coopération suisse et sous la conduite du gouvernement malien comme avec le concours de la société civile malienne. C’est un chantier extrêmement important au regard des enjeux liés à la réforme de la gouvernance territoriale, et ce dans un pays frappé par une crise qui interpelle l’organisation territoriale, qui interpelle aussi le partage des ressources et des pouvoirs, qui globalement interpelle les processus et procédures de régionalisation.

Nous comptons élargir ce regard sur la régionalisation et l’inter-territorialité dans l’espace UEMOA en menant ce chantier avec le soutien de la coopération suisse et d’autres partenaires, et toujours en relation avec le CCT, avec l’Assemblée des districts et régions de Côte d’Ivoire qui avait eu l’amabilité de nous confier la préparation scientifique du récent Sommet des régions et villes d’Afrique sur le climat. Organisé il y a quelques mois à Yamoussoukro, ce sommet entrait dans le cadre de la préparation de la COP21.

Si nous entendons poursuivre le travail sur les questions climatiques, nous entendons également aborder de nouveaux chantiers comme celui lié à la question délicate et importante de la gestion des déchets ou celui de la place des femmes en politique ou des migrations tout en reprenant nos propositions sur la question de la sécurité alimentaire qui est aussi un point extrêmement important dans les changements climatiques y compris dans une approche transfrontalière.

Abdoulaye SENE